" ....La Mauritanie, pour jouer ce rôle de trait d’union, doit tenir compte d’une donnée essentielle : le fait que le pays est constitué de deux groupes de civilisations avec leurs langues particulières, même s’ils ont en commun une seule et même religion. Or la reconnaissance de cette double personnalité très distincte, tant du point de vue culturel que linguistique, semble absente, pour donner la prédominance à la culture arabe au sein de l’état. Ce qui revient à disposer du sort des Mauritaniens d’origine nègre et de leur place dans la nation.
Le choc qu’ont provoqué en moi les propos du jeune président Maaouya Ould Taya, cette affirmation amère et spirituellement fratricide, m’empêche de dormir. Pour me remettre, j’allais voir ce jour-là, aussitôt le film Autour de minuit (Arount Midnight ) de Bertrand Tavernier. C’est une réflexion sur le Jazz, musique née d’une culture noire complètement niée, pour laquelle, devant cette négation, cette pression, et dans un environnement isolé et hostile… la seule issue fut l’invention du Jazz, expression d’un humanisme nègre vivant et créateur."
JEAN PIERRE N´DIAYE- un des doyens des journalistes africains. (Jeune Afrique n° 1353 – 10 décembre 1986 )

