lördag 30 maj 2020

ILS ONT TUÉ ENCORE UN AUTRE FILS DE LA VALLÉE DES LARMES !

Ils ont tué un autre fils de la vallée ou un autre "Binngel Kummba" comme aimait dire le grand érudit Foutanké feu Thierno Younouss. Ce jeune père de famille de 35 ans était un charretier et avait transporté les marchandises d´un commercant maure sur les berges du fleuve. C´est un crime et il fallait l´assommer par un tir de sommation. Un tir de sommation ....à bout portant qui se retrouve dans sa poitrine!!!
Le propriètaire de la marchandise lui fut simplement arrêté et conduit à Aleg. Le pauvre Abass Rougui Diallo ne savait pas que c´est un crime d´être noir au pays des chauvins racistes panarabistes plus chauvins que Derek Chauvin le meurtrier de George Floyd à Minneapolis. Il pensait seulement à avoir sa dépense quotidienne, nourir sa famille en prenant ce petit risque en cette période de pandémie. Rien ne peut justifier encore ce crime de plus. Paix à son âme!
Ce meurtre me rappelle aussi celui du jeune Lamine Mangane, un jeune de 17 ans, tué le 27 septembre 2011 à Maghama. Lamine n´avait commis comme seul crime que de crier haut et fort comme les jeunes de sa génération : ”Touche pas à ma nationalité” pour s´ínsurger contre le génocide biométrique initié à l époque par le multi-récidiviste putschiste Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Une balle d´un petit gendarme est venue pour le faire taire et voler son innocence et sa jeunesse à jamais. Paix à son âme. Lamine Mangane nous n´oublierons pas.
Un autre meurtre de l´armée mauritanienne m´est revenu encore en mémoire c´est celui de Amadou Kane dit Amadou Likseyba en août 2003. Certains l´ont certainement oublié mais les parents de la victime non. Ce jeune avait oublié de se promener avec sa "carte d´identité ". Il avait oublié son identité Négro-africaine mais aussi son statut de citoyen de seconde zone. Il n´avait pas 18 ans mais il lui fallait ce précieux césame pour circuler "dignement " et "librement "dans cette prison des Noirs qu´est devenue la Mauritanie. Amadou Likseyba ne savait pas que sa vie est moins que rien.Tuer un nègre équivaut à tuer une mouche. Cela ne saurait entrainer de sanction. La chambre d´enregistrement que certains appellent pompeusement "assemblée nationale" est d´ailleurs là pour laver plus blanc. Elle votera, nombre de fois que le pouvoir le voudra des lois d´auto-amnistie et d´amnésie forcée comme une lettre à la poste. C´est la Mauritanie, notre Mauritanie, leur Mauritanie.
Il n´avait tué personne,il n´avait même pas repondu aux insultes des policiers et il ne devait même pas voter pour les élections de 2003 contre Haidalla le challenger de l´époque du colonel-président Ould Taya mais sa silhouette noire et son nom trop pulaar dérangeaient les policiers haineux et racistes.
A qui la faute? Certainement pas au régime despotique de Taya mais aux parents du pauvre disparu. Ils avaient oublié eux aussi, certainement distraits par "le processus de démocratisation" ou du ”changement dans la stabilité”, slogans de l´époque, de "pratiquer sur leurs fils "une transfusion de mémoire" sur les années de braise du régime mais surtout sur la nature du Système qui gére le pays.
Abass Diallo, Amadou Kane, Lamine Mangane ne sont pas le premiers négro-mauritaniens à tomber sous les balles du régime mauritanien et il ne seront pas aussi les derniers tant que ce Système ethno-génocidaire et esclavagiste restera en rigueur et en vigueur.
Je me souviens encore du meurtre d´un autre Amadou, un jeune cousin à moi, Amadou Sall de Jowol c´est son nom, il avait le même âge que notre Amadou Kane, moins de 17 ans, lui aussi avait rendu l´âme aprés quelques séances de sadisme et de cruauté sur son corps. Son crime? Il avait refusé de puiser de l´eau pour les militaires qui se comportaient en territoire conquis dans la vallée des larmes. Il ne savait pas qu´un noir est fait pour exécuter les desidératas du bidasse occupant comme sur les terres du Gaza.
Je me souviens aussi d´un autre jeune victime de cette terreur raciste . Mamadou Moussa Ndiaye, il avait à peine 15 ans, il était aussi de chez moi, Jowol, une ville martyre pendant ces années de braise, il n´avait pas eu droit aux tortures c´était des tirs de gâchette pour lui enlèver l´âme . Vous me demanderez certainement encore son crime? le péché de Mamadou Moussa est qu´ il était sur les bords du fleuve natal pour pêcher le ”mbardi haako” avec son oncle à l´heure de l´état de siége non déclaré, à 17 heures, heure de Taya. Il devait être au lit, il ne le savait pas, personne ne lui avait notifié la nouvelle situation. Lui et son oncle Abdoul Boucka Ndiaye ancien militaire radié suite aux évènements de 1987 seront tués à bout portant par les amis du lieutenant- flingueur Ghaly Ould Souvy et enlacés dans leurs filets par les forces d´occupation et jetés comme des chiens derrière le village. Paix à leurs âmes!
Ils n´étaient pas les seules victimes de la terreur de la soldatesque du Système dans la vallée du fleuve. Je me souviens aussi de
l´assassinat du vieux Hamadi Dioumo Ba, qui est aussi de mon Jowol natal. Il était parti aux champs avant le "réveil" du soleil.
C´était un crime. Baba Hamadi ne le savait pas, il était un pauvre cultivateur, il ne pensait qu´à ses champs, il voulait seulement nourrir sa petite famille et ce sont des tirs en rafale pour lui rappeler qu´il était interdit de circuler avant le lever du soleil. Paix à son âme.
On se souvient encore d´un autre Amadou, qui avait défrayé la chronique dans la presse mauritanienne en 1994, Amadou Pamarel Sow de Fondou mais aussi Ousmane Dia le postier de Maghama, Kodda Diangua, tous tués arbitrairement par l´armée d´occupation qui faisait la pluie et les larmes dans la vallée. La liste est exhaustive mais c´était juste quelques petits rappels.
Je n´oublie pas l´exécution sommaire et tragique des 28 notables de Mouta-Alla (Guidimaxa) à leur tête le chef du village Goumbo Diawo mais aussi avec eux un autre déficient mental originaire de Tissel Angara (Guidimakha) et qui répondait au nom de Ngadiari Barry. On pouvait certainement reprocher aux notabilités et les jeunes de Mouta Alla de haïr le régime qui a déporté leurs familles entières au Mali mais que peut-on reprocher à un handicapé mental ? Sinon leur haine à tout ce qui est NOIR dans ce pays !
Les évènements tragiques de Sylla Rindiaw, Fonndou, Ndiorol, les charniers de Sori Malé, Le puits de l´horreur de Wuro Jeeri ( Maghama), les charniers de Wothie, la prison mouroir de Oualata, L´Enfer d´Inal, les camps de concentration de N´beyka, Azlat, et Jreïda sont là pour nous rappeler que les professions de foi démocratique de nos putschistes ne sont que des leurres. Rien dans le discours et dans la pratique ne nous donne à penser que le Système ait changé, ni même qu´il le souhaite sur ce point comme sur d´autres.
Ce que vous faites m´empêche d´entendre ce que vous dites, disait quelqu´un.
A quand la fin de l´impunité, à quand le temps de rédemption des opprimés et des exclus? Il est évident qu´aujourd´hui le virus du racisme est plus ravageur que la pandémie du Covid-19 en Mauritanie. Patriotes du pays, indignez-vous et levez-vous pour sauver notre pays du démembrement avant qu´il ne soit tard.

La lutte continue !

onsdag 4 mars 2020

Mauritanie, pays d´apartheid ou pays à part ?


L´actualité mauritanienne, du mois de février, qui coïncide avec le 54ème anniversaire du «Manifeste des 19», est dominée par un débat sur la question nationale et sociale ou autrement le problème de la cohabitation en Mauritanie. Ce débat a été suscité par la sortie du président Biram Dah Abeid à Genève sur la nature de l´Etat raciste et esclavagiste du pays.
Aussitôt, la classe politique ou l´intelligentsia arabo-berbère dans sa majorité et une partie de la presse électronique ont repris en chœur le discours officiel de l´Etat mauritanien au nom d´un soi-disant sacro-saint devoir de protection de l´image du pays. A travers cette prise de position, apparait clairement la volonté de cet establishment de maintenir le statu quo et les acquis (la dénégrification) de la politique du fait accompli, celle de l’exclusion à fondement raciste.
En effet, dès que le Système est désigné du doigt, les divergences s´estompent. On tient coûte que coûte à garder les privilèges qui en découlent. Protéger l´image du pays n´est qu´une excuse, un prétexte pour masquer l´essentiel. L´essentiel c´est qu´au-delà des divergences et des contradictions, il y a la volonté de dénégrifier le pays ou tout au moins de réduire les Noirs à la soumission et au silence par justement le maintien de l´esclavage en l’état et par une politique radicale d´exclusion systématique de la composante négro-mauritanienne de tous les secteurs de la vie nationale.
Touchés au vif, courroucés, irrités, tous sont montés au créneau pour construire leurs échafaudages théoriques sur la situation politique du pays et surtout pour défendre la patrie du complot, un complot international, un de plus ourdi par les «éternels nationalistes étroits et ennemis» de la Mauritanie cherchant à discréditer l´angélique République «Islamique» de Mauritanie. Ils veulent transformer leurs victimes en bourreaux. Quand un voleur crie au voleur, imaginez l´hilarité des passants.
Certains scribouillards accusent les Mauritaniens de la diaspora d´être derrière cette campagne contre la sainte Mauritanie et ajoutent que nous sommes loin des réalités mauritaniennes. Il faut leur rappeler que les exilés que nous sommes, avons tous laissé derrière, des frères, des sœurs, un père, une mère, un village, un hameau bref, une famille et des rêves et tout ce qui touche à leur dignité, citoyenneté et intégrité nous concerne aussi.

Cette Mauritanie est un pays particulier où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la «Mauritanité», et à partir de leur position de simples citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas ; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire «le patriotisme», ce que veut dire la «Mauritanité», qu´ils confondent souvent avec «mauritude». Ils veulent nous imposer leur discours, la ligne à ne pas franchir et la posture à tenir.

Dénoncer le racisme et l´esclavage, les injustices ne veut pas dire que nous n´aimons pas notre pays. Nous refusons seulement que le mensonge et l´hypocrisie soient les fondements de notre vivre ensemble. Nous aimons notre pays comme la prunelle de nos yeux mais nous l´aimons aussi avec un amour critique.
Sans m´attarder sur des débats sémantiques, je signe et persiste, comme nous
 l´avons toujours soutenu, il y a des similitudes effarantes entre le Système d´Apartheid sud-africain et le Système de gestion politique en Mauritanie. Aujourd´hui il faut-être d´une malhonnêteté intellectuelle notoire et de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre le racisme d´Etat en Mauritanie. Au-delà de l´évidence, il y a la réalité, disait un grand philosophe. La réalité est que le racisme d´Etat existe en Mauritanie. Cette réalité n´est pas le fruit de «l´imaginaire fertile et débordant» de Kaaw Touré, du président Biram Dah Abeid, encore moins du président Samba Thiam ou du président Ibrahima Moctar Sarr et de Dr Alassane Dia. Nul effort n’est besoin de déployer pour découvrir derrière les pouvoirs et les avoirs, le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale et l’esclavage le plus primaire. Comment qualifier un Système qui déporte, qui viole, qui vole, qui assassine, qui spolie, qui marginalise, qui discrimine ses propres citoyens du seul fait de leur appartenance sociale, ethnique ou raciale? Si ce n’est pas de l’Apartheid de l’Afrique du Sud en tout cas ça en a les mêmes effets. Selon nos contradicteurs, la notion de l´Apartheid est en l´occurrence inopérante en Mauritanie parce que nous vivons dans les mêmes quartiers, allons dans les mêmes écoles et prions dans les mêmes mosquées. Cette présentation schématique et manichéenne feint d’ignorer la substance et la finalité de l’apartheid que le sinistre Hendrik Verwoerd, ancien Premier ministre d´Afrique du Sud, en 1963, présentait devant le parlement de son pays comme : « …réduit à sa simple expression, l´Apartheid ne peut se présenter que sous la forme suivante : nous entendons garder blanche l´Afrique du Sud. La garder blanche ne peut vouloir dire qu´une chose, assurer la domination des blancs, non leur direction, non leur tutelle, mais leur commandement, leur suprématie». Quels autres objectifs le système politique mauritanien poursuit-il sinon de perpétuer la domination exclusive et irréversible d’une communauté raciale sur la vaste majorité noire? Les faits sont têtus, les résultats sont là, indéniables!
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques, incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à développer, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées (1966, 1979, 1986, 1989, 1990,1991), à une déchirure profonde entre les deux communautés. Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un système inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe. Qui ose en douter encore ? Et encore, convient-il de souligner qu´en Afrique du Sud, le pouvoir blanc, tout raciste qu´il était, n´est pas allé jusqu´à déporter les Noirs du pays, se contentant, si l´on peut dire, de les parquer dans les Bantoustans et au mieux dans des townships.
Si en Afrique du Sud le pouvoir raciste pouvait permettre à un Nelson Mandela de vivre 27 ans en prison, en Mauritanie les Tène Youssouf Guèye et Djigo Tapsirou ont été assassinés en moins de 2 ans de détention. Comme vous voyez le régime raciste de Nouakchott est plus cruel que son cousin germain de Pretoria. Il faut trouver un autre nom plus approprié à ce Système ethno-génocidaire qui dépasse l’Apartheid. Si en Afrique du Sud, les militants de l´ANC ont pu être détenus et sortir vivants après plus de 20 ans de détention, en Mauritanie, plus de 500 supposés militants et sympathisants des Flam ont été assassinés en moins d´un mois dans les camps d´exterminations du régime de Nouakchott à Inal, Djreïda, Nbeyka, Azlat, sans parler des milliers de civils abattus dans la vallée, ni des charniers qui essaiment partout dans le sud du pays. Et, comble de l´horreur, l´Etat n´a pas trouvé une idée plus géniale que de pendre 28 Noirs dans la nuit du 28 novembre, fête de l´indépendance. Il fallait faire offrande à l´Etat chauvin de cadres négro-africains, 28 Noirs sont pendus. Des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Noirs et c´était suffisant comme crime aux yeux du régime et de ses sbires.
Tous ces crimes contre l´humanité restent impunis, les veuves, les ayants droit, les orphelins continuent à exiger la justice. En bons marchands, ils veulent vider l´abcès, le contentieux national comme on vide les stocks. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli et de l´impunité.

Certains contempteurs, pour banaliser le fait raciste dont est exclusivement victime la composante noire, invoque une prétendue «exclusion transversale». Ils vont dire que certaines franges de la communauté arabo-berbère soient également touchées par des injustices sociales et économiques. Il n’en demeure pas moins évident que seuls les Négro-africains sont violentés dans ce qu’ils ont de plus cher : leur culture, leur identité, leur intégrité et leur citoyenneté en un mot leur dignité.

Le contrôle de l´Etat par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nationales nous obligent à opérer pour une séparation entre l’Etat raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis, malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.
Nous ne souhaitons pas le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique la naissance de nos organisations politiques et mouvements citoyens, notre engagement et notre combat. Ce dont nous sommes coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumière crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une seule nationalité racio-culturelle au détriment des autres.
Ma question est aussi où sont les progressistes arabo-berbères du pays?
Si, par ailleurs, des blancs risquèrent leur vie ou se firent pendre aux Usa avec l’Under-ground ou en Afrique du Sud comme les Joe Slovo, Bram Fischer pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant les années de braise et actuellement avec la politique radicale de l’exclusion systématique des communautés noires. Comme ils sont bien rares, ceux de l’autre côté, à faire montre d’un engagement éprouvé contre les discriminations raciales ! Au contraire, tous ou presque, en chorus, reprennent le discours officiel avec hypocrisie et mensonges et parlent de la fictive «unité nationale» menacée ou de l’Islam qui nous unit dont ils violent et bafouent les fondements et principes élémentaires. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Ce que nous faisons est en conformité avec notre religion qui nous dit à travers un hadith du Messager : «Quiconque d’entre vous voit un mal, qu´il le change par sa main. S’il ne le peut pas, qu’il le dénonce. S’il ne le peut pas, qu’il le désapprouve en son cœur car c’est la plus faible expression de la foi.» Et comme disait un adage, «lorsque le sage montre la lune, l´imbécile regarde le doigt». Sur nos pages, nos murs et nos espaces sur les réseaux virtuels et sur les réseaux réels, ce sont des plages des préjugés et de déchirures profondes.
Les Mauritaniens habitent ensemble mais ne cohabitent pas. Ils se croisent mais ils ne se voient pas. Ils se parlent mais ils ne communiquent pas.
Nous sommes ensemble dans les marchés mais point de commerce entre nous. Nous sommes ensemble dans les mosquées mais ce n’est pas évident que nos prières et souhaits soient les mêmes. Certains prient pour leurs frères «moudjahidines» en Palestine et en Syrie et d’autres pour leurs frères et sœurs déportés, leurs veuves et orphelins de la vallée.
Nous avons les mêmes langues mais nous ne parlons pas le même langage. Et pourtant nous devons construire des ponts de cœurs et détruire en chœur ces murs des déchirures et barrages d’inculture. Il est temps de se ressaisir ! Il est encore temps de se surpasser pour outrepasser l’impasse. Encore une fois ce ne sont pas les intimidations, les diatribes, la terreur policière ou le terrorisme intellectuel qui nous feront taire. Nous continuerons à dire la vérité à temps et à contre temps pour guérir nos maux.
Il est manifeste que la politique d’évacuation et de dissimulation des questions sensibles n’a jamais aidé à les résoudre. Il importe que les formations politiques et des patriotes sincères comprennent que l’édification d’une Mauritanie prospère et stable passe nécessairement par la lutte contre les préjugés nuisibles à l´unité nationale et au développement de tous. Ils doivent comprendre que, tant que les problèmes de fond à savoir le racisme d´Etat et l´esclavage ne seront pas identifiés et débattus, tout projet démocratique restera une utopie. Au-delà du racisme, ils verront nos visages.
Au-delà de leurs peurs, la réconciliation.
Justice et égalité pour tous, c’est là notre avenir.
Je ne peux terminer sans faire appel à Jaurès et m´approprier ses propos:
«Nous ne subirons pas la loi du mensonge triomphant ;
Nous ne plierons pas ;
Nous ne nous tairons pas ;
Nous ne nous irons pas en silence ;
Nous ne nous coucherons pas …»

Et la lutte continue!
Kaaw TOURE.

söndag 22 december 2019

LES VACHES

LES VACHES
En Mauritanie, les vaches ont bu par les queues depuis le retour du général-putschiste à Nouakchott. Il accouche chaque jour des perles non vertes comme s´il revenait d´un autre monde.
J´ai envie de reprendre en choeur avec vous la très populaire et belle chanson des FUUTANKOOBE "Jahoowo", reprise par le rossignol du Fouta El hadj Baaba Baydi Maal :
Reprenons:
« Mbeɗe haɓa e bonɗo,
Bonɗo, ɓii bonɗo,
Ɓii nagge mbonnge,
O, ɓii ngaari mbonndi,
Omo doga, omo diira,
Omo ŋeefa leydi,
Omo feroo kaaƴe,
Omo hela leɗɗe,
Hoto taƴam cakka, hoto seekam wutte,
Hoto helam junngo, hoto ɓoƴƴam ƴoole,
Aan-a-wonaa njool-am ɓaleejo, jom baka rommbal."
Traduction:
Je me bats toujours contre ce vagabond,
Vagabond, fils de rôdeur,
Fils d’une vache maudite,
Fils d’un taureau satané,
Il accourt, il tressaille,
Il gratte la terre,
Il tamponne les roches,
Il déterre les arbres,
Ne me casse pas le collier, ne me déchire pas le vêtement,
Ne me brise pas le bras, ne me touche pas les seins,
Car tu n’es pas mon homme, svelte et noir, au boubou bleu

IL N' Y A D'ÉTERNEL QUE LE POUVOIR D'ALLAH!

Sadolf Hitseïn le rat de Bagdad se croyait indomptable et élu de Dieu sur terre mais il avait oublié qu'il n'y avait d'éternel que le pouvoir d'Allah.
Il avait financé, encadré et soutenu le régime raciste et baathiste de ould Taya pour exterminer la communauté négro-mauritanienne pendant les années de braise.
Avec sa défaite pendant la " mère des batailles" plusieurs prisonniers négro-mauritaniens d'Inal et de Djreïda ont eu la vie sauve.

CONTRIBUTION: Hésitations , tâtonnements , appel de balises au sommet … où est donc Yehdih ? Par Samba Thiam président des FPC

CONTRIBUTION: Hésitations , tâtonnements , appel de balises au sommet … où est donc Yehdih ?
Par Samba Thiam président des FPC
Nous avons observé ces derniers temps, non sans espoir et beaucoup de satisfaction, le ministre de la santé se démener, pour tenter de redresser le secteur moribond de la santé . L’initiative a été accueillie avec joie, par une bonne fraction de la jeunesse qui a manifesté activement son soutien. Il faut féliciter Monsieur le ministre.
Mais sans vouloir décourager personne ni verser dans le pessimisme, je dirais que cette bonne volonté , toute seule , ne suffira pas ; Je crains fort que ce ne soit peine perdue ,car c’est tout le grand corps qui est malade ; et traiter une jambe, un bras ou un nez ne saurait suffire à remettre sur pied un corps malade! Non , pour réussir dans ce secteur ,il eût fallu créer un vaste mouvement d’allure générale, impulsé d’en haut , pour que d’un seul tenant , tout se redressât en même temps …Il eût fallu toucher tous les secteurs ; le judiciaire, l’Administration gangrenée par la corruption, la concussion et les trafics en tout genre, truffée de fonctionnaires fictifs, de faux diplômes, bref, lutter contre ce désordre général installé depuis 1978, avec les régimes militaires, enfin , poser des actes forts , immédiats… Voilà qui aurait aidé le Ministre
Hélas , parceque tout ceci manque de vision d’ensemble, on voit cette personnalité se démèner, presque seule… Rien de significatif du côté des ministres de l’enseignement où règne une sacrée pagaille ( Superieur , Secondaire , Fondamental ) qui a besoin d’un bon coup de balai. Ici , au lieu de partir des fondations on pose la toiture ; malgré la floppée d’inspecteurs, c’est maintenant que l’on dresse des fiches du personnel pour déterminer l’effectif exact des Enseignants !
Rien du côté du secteur judiciaire ou dorment, dit-on, trois mille dossiers portant sur des contentieux fonciers . Rien du côté du ministère de l’interieur avec l’arbitraire sur les terres et l‘état civil, rien du côté des affaires étrangères et de la Pêche, ou du côté des sociétés nationales où règne une gestion tout aussi chaotique .
Au désordre général de l’administration s’ajoute celui de la rue …
Dans Nouakchott des meutes de chiens errant , vaches et chèvres divaguant. Une circulation automobile anarchique, des feux rouges brûlés sous l’œil indifferent des policiers; et comme pour se moquer des citoyens, on parle d’installer des radars sur la route de Boutilimitt pour limiter-dit-on- les accidents de circulation ! Des ‘’gilets jaunes ‘’ raclent , contre tout entendement, les bordures des chaussées pour débarrasser le sable accumulé ou lutter contre des vents de sable ininterrompus… Alors qu’hier seulement on rasait la ceinture verte de la ville devant nous protéger de ces pénibles vents de sable … On s’occupe à racler des chaussées alors que juste à côté des montagnes d’ordure jonchent les abords ! ( même si, pour être honnête , on constate quelque légère amélioration dans leur ramassage) . Partout l’espace public est squatté . Dans mon quartier-Cité-plage - des filous à l’affût, profitant de la confusion d’une transition, se dépêchent de construire sur des places publiques qui leur avaient été jusques-là refusées...
Sur la route de la plage on a laissé les ‘’lampadaires du sommet arabe’’ rouiller, sans entretien, et pour des besoins de marchés, crées de toutes pièces, on installe de nouveaux ; avec la complaisance, largement partagée, de nos bailleurs de fonds …
Dans nos cimetières nos morts sont enterrés pêle-mêle ; pas d’allées , pas de plan ‘’cadastre’’, un désordre fou qui ne semble gêner personne …Alors qu’à Dakar, à côté, il vous suffit d’indiquer le nom et l’année du décès pour retrouver en 5 mn le tombeau de votre disparu …
Notre Administration n’est pas prête de se redresser, à cause de cette culture du désordre qui imprègne tout . Culture ambiante du désordre, culture du faux-semblant, de la dissimulation…
Comment dès lors réussir à redresser les choses sans lutter contre ces pesanteurs lourdes ?
L’Opposition politique , quant à elle, au lieu de se soucier de l’abrogation des lois liberticides, scélérates de Mohamed ould Abdel Aziz qui l’étouffaient , se trouve d’autres priorités … On nous distrait, enfin , avec la ‘’ crise’’ de l’Upr, au détriment des vraies questions de fond occultées . Pourquoi , au fait , l’actuel locataire du palais ne créerait –il pas son propre parti politique ? Il ne manquerait certainement pas de soutiens au regard de nos mœurs politiques. Un parti de plus ou de moins ferait-il tant de mal à notre ‘’ démocratie’’…Céder, me semble -t-il sans, bien entendu, manquer d’être vigilant vis-à-vis de son vieux compère ; ne dormir que d’un oeil dirait Yehdih …
Où allons-nous ? Où est donc Yehdih ?
Samba Thiam
15-12-2019

Mauritanie : les FPC s’interrogent sur le caractère sélectif de la classe politique Beydane

Au lendemain de l’annulation des poursuites judiciaires des exilés mauritaniens les FPC sont revenus cette fin de semaine sur le silence de la classe politique arabophone dans sa majorité sur le martyr des noirs depuis 86 alors qu’elle manifeste toujours sa solidarité agissante vis à vis  de leurs compatriotes  arabo-berbères victimes d’ostracisme du pouvoir.
Deux poids deux mesures mis en évidence par le porte parole des FPC sur les réseaux sociaux. Kaaw Touré n’a pas raté l’occasion de l’annulation de poursuites judiciaires des exilés mauritaniens dont le plus célèbre le richissime cousin de l’ancien président et homme d’affaire Bouamatou pour pointer du doigt le caractère sélectif et discriminatoire de la classe politique arabo-berbere dans sa majorité sur la difficile cohabitation entre les différentes composantes nationales. La remarque est pertinente dès lors qu’il s’agit de soutenir de compatriotes arabophones victimes de l’autoritarisme du pouvoir. Par  des mobilisations dans la rue ou sur les réseaux sociaux et la presse nationale pour interpeller les autorités de Nouakchott.
Alors que les martyrs noirs font l’objet d’un silence complice qui dure depuis 86 date de la publication du Manifeste du negro-mauritanien qui a valu l’arrestation et l’emprisonnement des dirigeants du premier mouvement de libération africaine en Mauritanie dont 4 combattants de la liberté ont trouvé la mort à Oualata.Secret de polichinelle.
Les graves exactions contre la communauté negro africaine sous le régime de Ould Taya avec les déportations massives en 89 et l’assassinat de 28 soldats à INAL en 90 sont toujours impunies. La loi d’amnistie de 93 protégeant les criminels au sein de l’armée.
Cette page sombre de l’histoire est un devoir de memoire et de justice pour les FPC qui ont toujours dénoncé cette épuration ethnique qui semble être reléguée au second plan des préoccupations de la classe politique arabo berbère dont le refus de participer aux commémorations des martyrs des soldats noirs à l’intérieur comme à l’extérieur du pays est synonyme d’absence de patriotisme qui s’apparente à une complicité avec tous les régimes. Cette différence de lecture de la question nationale est un frein à la cohabitation.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste

L'ANALPHABÈTE POLITIQUE

« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix de haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. »
Bertolt Brecht, poète et dramaturge allemand (1898/1956)

La pensée du jour: MANDELA

LA PENSÉE DU JOUR: « J’ai également un souhait à formuler à l’intention des jeunes d’aujourd’hui : écrivez vous-mêmes votre propre destin et peignez-vous comme les étoiles qui ont éclairé la voie vers un avenir meilleur. » Nelson Mandela.

AZIZANIE ET CONFÉ PRESSÉE:

 C'est le monde à l'envers, c'est notre ex géné-râleur pré-scie- dents Aziz qui refuse toujours de baisser les armes et qui vient d'introduire une demande d'autorisation pour une conférence de presse le 19 décembre prochain à l'hôtel Halima.
Si j'étais ministre de l'intérieur j'allais refuser la conférence au nom " du trouble à l'ordre public et membre d'une organisation non autorisée" comme aimait nous le notifier Aziz à travers ses ministres sous- fifres😀. A chacun son tour chez le coiffeur.
Pour être sérieux nous pouvons mettre à sa disposition notre siège pour sa confé-pressée avec un prix abordable . Mdrrr

INDEMNITÉS ALIMENTAIRES DES PARLEMENTAIRES


Au moment où tout le monde fait le procès de la décade de gabegie azizienne nos dépités parle-alimentaires ou applaudisseurs professionels du Système n'ont trouvé mieux, pour plaire à leur nouveau Général, que d'augmenter leurs indémnités de 250.000 MRO /mois correspondant parait- il, selon un journaliste mauritanien bien avisé, aux salaires de 5 enseignants du fondamental, de 2, 5 prof du secondaire, de 3 sages femmes et à la pension trimestrielle de 3 hauts cadres retraités🤔
GHAZOUANI vous avez dit changement ou la continuité dans la gabégie?
Ah la mors-rit-ânie!
LLC!
Kaaw Kaaw

AINSI ÉCRIVAIT NOTRE REGRETTÉ DOYEN JEAN PIERRE NDIAYE SUR LA MAURITANIE PENDANT LES ANNÉES DE BRAISE

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