Écoutez ! Écoutez, peuples de mémoire et de dignité !
Prêtez l'oreille, vous qui portez dans le sang l'héritage des anciens !
Car chaque jour porte en lui une nouvelle promesse, et demain, oui, demain, il fera jour !
Demain, nous ferons retentir le chant du Grand Soir !
Nous lèverons nos voix contre les ténèbres de l'oppresseur.
Nous ferons vibrer la terre au rythme d'Alamari et trembler les horizons sous les cris de Kummballi !
Car un peuple qui se souvient de ses ancêtres ne marche jamais seul !
Viens donc ! Je t'inviterai chez moi, à Bilbassi !
Bilbassi !
Berceau des Farba !
Foyer des Almaami !
Flambeau des Satigui !
Terre de Dono Gelaajo Jeegi !
Terre de Mawndu Kummba Kagnali !
Ah, Mawndu Kummba Kagnali !
Celui qui s'attable devant un bœuf entier et un quintal de mil, qui mange à faire trembler les greniers, puis se lève, imperturbable, en jurant sur tous les ancêtres qu'il n'a rien goûté !
Voilà un homme dont l'appétit défie les récits et dont la parole mérite, à elle seule, une place dans la légende !
Et moi, je traverserai les sables de Bilbassi !
Le pied à l'étrier, le regard fixé sur l'horizon, l'esprit aiguisé par les raisonnements de Laguiya, du Taara et de Njaru.
Je traverserai ces terres sans courber la tête, sans renier ma mémoire, sans abandonner mon destin.
Que la mort entende cet avertissement !
Qu'elle sache que nous ne lui céderons ni nos rêves ni notre espérance !
Devant la détermination des vivants, elle-même devra courber l'échine, baisser les yeux et battre en retraite !
Et voici qu'au milieu de cette grande proclamation, un margouillat est collé au bois !
Chapeau bas !
Car il est des silences qui parlent, des postures qui enseignent et des présences qui imposent le respect sans prononcer un seul mot !
Alors, écoutez bien !
Les nuits peuvent être longues, les épreuves nombreuses et les chemins couverts de poussière. Mais aucun oppresseur ne peut confisquer éternellement le soleil d'un peuple qui refuse de mourir à genoux.
Demain, il fera jour !
Demain, les voix s'élèveront !
Demain, les tambours parleront !
Et nous serons encore là, debout, fiers de notre mémoire et maîtres de notre espérance.
Car les anciens nous ont légué une histoire.
Les vivants ont le devoir de la porter.
Et les générations futures auront le droit de la poursuivre.
Demain, il fera jour !
Et tant que Bilbassi gardera sa mémoire, tant que résonneront Alamari et les cris de Kummballi, tant qu'il restera un souffle dans nos poitrines, la lutte continuera !
La lutte continue !

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