torsdag 24 januari 2013

Mauritanie: les Flam dans l’opposition hors système à Nouakchott.


Mauritanie: les Flam dans l’opposition hors système à Nouakchott. Les Flam sont fin prêtes pour le retour à Nouakchott. Le parti qui verra le jour prochainement s'opposera systématiquement à tout régime qui mettrait en danger la cohésion sociale et l'unité nationale. L'autonomie reste la solution la mieux adaptée à la cohabitation.

Il s'agira de rompre avec la politique de l'autruche du régime de Ould Aziz en particulier sur le passif humanitaire qui devra être soldé par des exigences de vérité et de réconciliation de justice et de réparations. Telles sont les principales idées développées par le porte parole des Forces de libération africaine de Mauritanie ( Flam) dans un entretien à Mauriweb et le Quotidien de Nouakchott cette semaine.

Kaw Touré a en outre précisé que le prochain congrès de son parti qui va être créé prochainement se tiendra sur la terre natale.

Si tout s’arrangeait à Nouakchott pour les FLAM .Les mauritaniens de la diaspora commençaient à s’impatienter depuis que les Flam avaient annoncé leur retour au bercail et la création d'un parti suite à leur dernier congrès en France. L’espoir renaît avec le scénario du porte parole du mouvement qui repose sur des hypothèses optimistes. En effet Kaw Touré a confirmé dans un entretien qu'il a accordé cette semaine à Mauriweb et le Quotidien de Nouakchott que les Flam sont fin prêtes pour rentrer à Nouakchott et qu'elles ont mis à contribution le temps pour la mise en place des structures du mouvement dans la perspective de la création d'un parti.

Il s'agira surtout de rompre avec la politique de l'autruche ou populiste du régime de Ould Aziz en particulier sur le règlement du passif humanitaire qui est loin de se terminer du fait que les réfugiés du Mali ne sont pas toujours reconnus officiellement. Ce sont les derniers oubliés du processus de rapatriement. C'est la politique de réconciliation nationale qui est remise en cause avec les quelques milliers de réfugiés au Sénégal laissés aussi en rade du fait de l'arrêt précipité de ce retour décidé par le HCR, la Mauritanie et le Sénégal.

Bien entendu le communiquant du mouvement négro africain le plus contesté en Mauritanie n'apprécie pas cet accord tripartite encore moins cette démarche des autorités de Nouakchott et de son règlement du passif humanitaire qui consiste à mettre l'accent sur les réparations financières et matérielles des déportés lors des évènements de 89 et des veufs et orphelins des militaires assassinés lâchement de 91 à 92.

Cette question nationale est au centre des préoccupations des Flam qui entendent s'opposer aux injustices sociales et raciales et à en faire un principe non négociable dès son retour à Nouakchott. Son mouvement luttera bec et ongles pour que le solde du passif humanitaire ne laisse aucune victime sur les carreaux mais veillera surtout à « l'équilibre entre le refus de l'impunité, les exigences de vérité et des réparations et la nécessité du pardon » au bout du processus de la réconciliation nationale.

Autrement dit, le parti qui verra le jour prochainement dans la capitale mauritanienne sera dans l'opposition systématique à tout régime qui mettrait en danger l'équilibre du pays entre arabo-berbères et négro-africains. A ce juste titre l'appel du Manifeste du Négro-Mauritanien en 86 reste toujours d'actualité a précisé le porte-parole des FLAM dont l'ambition est de créer un projet multi-culturel, multi-ethnique et démocratique pour la Mauritanie. C'est dans cette perspective que le premier congrés sur la terre natale sera un congrès de vérité et de naissance d'une aube nouvelle.

En renouant avec le cordon ombilical les flam retrouveront une grande partie de leur famille qu'elles avaient perdue depuis plus de trois décennies. Un second souffle qui leur permettra cette fois-ci d'être près des réalités quotidiennes et efficaces sur le front politique. Après une période de flottement l'heure de vérité a sonné.
Cherif Kane dit Baba Kane-Journaliste.
CRIDEM
11-01-2013

GUERRE AU MALI: UNE MISE AU POINT DES FLAM


 
altInvité de l´émission Grand Oral de radio Rewmi du samedi 19 janvier 2013, émission reprise le 21 janvier par Cridem, un site mauritanien, M. Ibrahima Sène, Haut responsable du PIT-Sénégal, a tenu des déclarations outrageuses et graves à l´encontre des FLAM et de la communauté Haalpulaar.
Le communiste de Khar Yalla s´est hasardé, à travers des analyses poussives, biaisées et suréalistes où la confusion le disputait à l'ignorance brute, à affirmer éffrontément que " Le Mujao est constitué majoritairement de Noirs issus de l'aile radicale [du] FLAM" avant d'en déduire tout bonnement que " c'est des Haalpoular radicaux qui sont là-dedans". N´eussent été la stature politique de l´homme au sein du PIT, un parti ami et frère, d'une part, le sérieux de la crise en cours au Mali et ses enjeux géo-politiques d'autre part, ces propos absurdes et erronnés n´auraient aucunement bénéficié de notre attention. Mais la situation est suffisamment dangereuse pour qu'on laisse le champs libre aux apprentis sorciers jouer avec le feu de la stigmatisation et de la catégorisation ethniques.
Il faut d’abord souligner le caractère léger et lamentablement contradictoire des arguments que M. Séne tente laborieusement pour justifier les positions de la Mauritanie et sa classe politique sur la guerre au Mali. N’importe quel Mauritanien qui l’écouterait s’en amuserait tout bonnement ! Ensuite, en attendant d’avoir une idée plus claire ou plus juste sur la composition ethnique et raciale des différents groupes terroristes qui écument le Nord Mali martyrisé, il apparait dangereusement osé de décréter sans l’once d’une nuance que le MUJAO est constitué majoritairement de “Haalpulaars radicaux” à moins, évidemment, d’être animé par un sordide dessein de diabolisation d’une ethnie que l’on voudrait livrer à la vindicte internationale.
Enfin, Il est une certitude absolue que la déclaration péremptoire du sieur Sene sur l’existence d’une aile radicale des Flam, est une affabulation grotesque et l’implication de cette prétendue aile dans la composition du MUJAO une invention fantaisiste tout droit sortie de sa seule et unique imagination troublée.
Nous sommes d’autant plus surpris par les propos graves et sans fondement de ce responsable politique, que le PIT fut l’un des premiers parrains des Flam au Sénégal!
Le Parti des camarades Hamath Dansokho, de feu Sémou Pathé Gueye, de Samba Diouldé Thiam, est l’un des plus informés sur le combat des Flam qui est et demeure, depuis toujours, un combat pour l’égalité et la justice, rejetant l’obscurantisme et l’intégrisme islamique !
Les FLAM sont un mouvement politique laic dont le combat contre le chauvinisme et l’intolérance culturelle est internationalement connu et reconnu. Notre attachement aux valeurs démocratiques et, aux libertés de pensée et de conscience nous place aux antipodes des partisans des théories de l’apocalypse et du totalitarisme religieux.
En conséquence, les Flam s’insurgent fermement contre ces accusations dénuées de bon sens et de tout fondement. Elles mettent M. Ibrahima Sene au défi de produire la moindre preuve de l’existence d’un seul individu combattant au sein du MUJAO connaissant les Flam.
Elles se félicitent de l'engagement salutaire des forces ouest -africaines coalisées, appuyées par la France, pour défaire définitivement l'infiltration rampante du fanatisme moyen-âgeux des forces du mal.
Elles invitent vivement le Gouvernement mauritanien à assurer, au regard des liens multiples entre les deux peuples, et dans l’interêt des relations futures entre les deux pays, sa part active de responsabilité dans cette lutte solidaire contre le péril obscurantiste, menace imminente contre la paix et la sécurité internationales.

Enfin, les Flam exhortent l’Etat malien à s’engager courageusement dans la voie incontournable du respect de la diversité, du droit à la différence par la prise en compte de l’épanouissement culturel et social de toutes ses composantes nationales. Il y va de la stabilité du Mali.
La lute continue!
Stockholm le 24 janvier 2013
Pour les FLAM
Le département de la presse et de la communication
Kaaw Touré- Secrétaire national chargé de la communication et porte-parole.

måndag 7 januari 2013

SLATE-AFRIQUE:Kaaw Touré, porte-parole des FLAM: « En Mauritanie, l’esclavage et le racisme d’Etat continuent à sévir »

Kaaw Touré, porte-parole des FLAM: « En Mauritanie, l’esclavage et le racisme d’Etat continuent à sévir »

L'Auteur

Ndeye Khady Lo

 

Mohamadou Touré dit Kaaw Touré est un réfugié politique mauritanien résidant en Suède. Originaire de Djéol dans le Sud de la Mauritanie, il est le Porte-parole des Forces de Libération des Africains de Mauritanie (FLAM), un mouvement créé le 14 mars 1983. Il a été arrêté en 1986 et condamné suite à la publication du manifeste du Négro-mauritanien opprimé. Poursuivi en 1987 pour avoir dirigé des soulèvements scolaires à Kaédi après l´exécution de trois officiers noirs, il s´exile au Sénégal jusqu’en 1999 après son expulsion. Depuis, il vit en Suède. Dans cet entretien, il revient sur le sens du combat que mène leur mouvement et l’actualité politique mauritanienne.

1. Vous êtes le porte-parole des Forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM), un mouvement créé en mars 1983 et vous vivez en exil depuis 1991 en Suède. Quel est le sens du combat que vous menez contre l’establishment en Mauritanie depuis 30 ans?
D´abord je tiens à préciser que j´ai vécu mes 12 premières années sur les 25 ans d´exil au Sénégal jusqu’à mon expulsion de ce pays-frère, que je considère toujours comme ma seconde patrie, en juillet 1999 pour la Suède suite aux pressions diplomatiques des autorités de Nouakchott. Depuis, et bien avant notre exil, nous dénonçons et combattons le racisme d´Etat et l´esclavage en Mauritanie. Ce que nous mettons en cause en Mauritanie c´est le système raciste mis en place depuis l´indépendance qui opprime la communauté Négro-mauritanienne. Ce Système repose sur des mécanismes bien conçus:
- Le contrôle de la réalité du pouvoir politique, militaire et économique par l´élément arabo-berbère.
- Une arabisation sélective visant à éliminer les écoliers Négro-mauritaniens de la compétition;
- Une option fondamentale de tous les régimes pour une Mauritanie exclusivement arabe.- L’exacerbation par ce Système des problèmes de cohabitation entre les deux communautés racio-culturelles dont les rapports historiques ont toujours été jalonnés à la fois de conflits et de serments d´amitié.
Pour les FLAM, il faut changer ce système vicié à la base parce que ne prenant pas en compte les Négro-Mauritaniens dans la vie de la nation. Il faut œuvrer pour l’unité et non pour l´unitarisme; une unité qui tienne compte de la réalité sociologique, historique et géographique du pays qui est un carrefour culturel-;une unité qui respecte la dignité de chaque Mauritanien et garantisse l’équilibre entre les grandes composantes nationales. Oui pour l’unité, mais qui soit assise sur des fondements inébranlables parce que intrinsèquement justes et égalitaires, afin de construire “le mieux vivre ensemble”, dans une Mauritanie viable, parce que réconciliée avec elle-même. Grâce à notre combat, grâce à la pression internationale et au rôle non négligeable d’acteurs politiques, de la société civile de l´intérieur, le Système a vacillé se parant d´un vernis démocratique, sans changer dans ses fondements. Nous ne nous arrêterons pas avant sa destruction complète, condition nécessaire pour la mise en place d’un Etat de droit, égalitaire et démocratique. Voilà le sens de notre combat.
2. Votre mouvement se définit comme une force de libération, est-ce que dans votre plan d’action la lutte armée est une option ?
N’allez pas croire que «libération» rime forcément avec lute armé! Nous voulons libérer le peuple mauritanien de la misère, de l’obscurantisme, du racisme, de l´esclavage, du joug des militaires; en particulier libérer ses composantes les plus opprimées que sont les Négro-africains et les Harratines.
Enfin, précisions que si, par le passé, l’action armée fut une option, aujourd’hui cette option reste loin derrière nous. Nous nous inscrivons résolument dans la lute politique, pacifique. Nous sommes porteurs d’idées et de projets novateurs que nous souhaitons faire connaitre au people mauritanien, qui seul sera juge.
Bref les FLAM sont un mouvement pacifiste qui privilégie la lutte politique, le dialogue et la concertation, et entendent inscrire leur action dans la confrontation des idées.
3. Votre mouvement dont la plupart des membres ont été contraint à l’exil n’est-il pas coupé des réalités mauritaniennes ?
Comme vous l’avez bien dit, nous avons été contraints à l´exil. Hier, on ne pouvait pas s’exprimer et agir de l´intérieur, sans risquer la prison et même la mort; ce droit à l´expression nous a valu la dénonciation, la répression jusqu’à l’élimination physique de ceux que nous comptions de plus chers dans notre mouvement. L’exil ne peut être une orientation politique parce qu´il n’y a rien de plus pénible que de vivre loin des siens et de sa patrie. L’exil doré n´est qu´un fantasme pour ceux qui n´ont jamais subi les affres de cette contrainte. Mais depuis notre dernier congrès ordinaire, tenu à Paris, notre mouvement a décidé de se redéployer à l´intérieur et de poursuivre notre lutte dans la légalité, pour le règlement de la question nationale et sociale, en vue de l´instauration d´un Etat de droit garant de l´épanouissement économique, social et culturel de toutes nos communautés. Le retour au pays natal se prépare sérieusement et certains de nos camarades anciens déportés au Sénégal sont déjà sur place.
J’ajoute que notre mouvement n’a jamais été, à vrai dire, totalement absent de notre pays, ni socialement, ni politiquement. Nous allons donc reprendre notre place dans notre milieu naturel, entièrement, très bientôt.
4. L’actualité récente a été marquée par l’affaire dite « des tirs amis » qui ont blessé le président Ould Abdel Aziz qui est en convalescence en France. Quel commentaire en faites-vous ?
Nous avons suivi comme tout le monde l´accident subit du président ou « l´erreur des tirs amis » comme le dit la version officielle. Nous déplorons comme tous les Mauritaniens l´opacité qui entoure aussi bien cette hospitalisation que les circonstances réelles du prétendu accident. Nous pensons que le peuple a droit à l´information sur l´état de santé du président de la République. Le Conseil constitutionnel devait se saisir du dossier et statuer s´il y a vacance du pouvoir ou si le président est capable de diriger le pays et préparer la transition le cas échéant.
Puisque de plus en plus on entend parler de transition, la classe politique devra prendre garde de reconduire celle, désastreuse, du Colonel Ely Ould Mohamed Vall, qui avait occulté les problèmes essentiels du pays, tel le problème de la cohabitation. Il ne faudrait surtout pas que cette transition, si elle avait lieu, se réduise, une fois de plus à un changement de régime ou d’homme. C’est le système qu’il faut changer.!
5. En Mauritanie, Messaoud Ould Boulkheir, le président de l’Assemblée nationale, est issu de la communauté Haratine. N’est-ce pas là une avancée remarquable ?
Les nominations des présidents du Sénat, Ba Mbaré, et de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir entrent dans le cadre de la politique de réconciliation qu´avait initiée le président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallah et ses engagements pendant les négociations du 2ème tour des élections de 2007. Ces deux personnalités Négro-mauritaniennes n´ont malheureusement pas le pouvoir de décision, ils sont maintenus seulement pour banaliser la question noire et tromper l´œil de l´observateur étranger. La réalité du pouvoir est ailleurs. Depuis le putsch du mois d´août 2008, la page de réconciliation ouverte par le président Sidi a été mise sous le boisseau malgré les larmes de crocodile du nouveau président à travers la prière de Kaédi. Le dossier du passif humanitaire reste entier, l´esclavage continue à sévir, le racisme d´Etat continue de plus belle au vu des nominations de chaque conseil de ministres sous l´ère du Général-président. Tout cela vient montrer qu’on n´est pas encore sorti de l´auberge.

Le 22 novembre 2012.

Exclusif. Kaaw Touré Porte-parole des Forces Flam à « mauriweb.info »: «Tout se conjugue pour le grand retour au pays natal »

Exclusif. Kaaw Touré Porte-parole des Forces Flam à « mauriweb.info »: «Tout se conjugue pour le grand retour au pays natal »

 


Kaw touré, porte-parole des Flam
Mauriweb.info : Les Flam avaient annoncé un retour pour poursuivre la lutte de l’intérieur du pays. Où en êtes-vous de ce retour du leadership de votre mouvement ?
Comme vous l´avez dit, notre mouvement a décidé depuis le dernier congrès de se redéployer à l´intérieur pour continuer cette lutte que nous avions entamé il y a bientôt trois décennies. Certains camarades sont déjà sur place notamment les militants et sympathisants du mouvement anciens déportés au Sénégal. Ils ont même tenu une conférence de presse le 30 juin dernier à Nouakchott pour annoncer les couleurs et ils ont été dans la délégation des pèlerins d ´Inal du 28 novembre dernier. Les structures dormantes de l´intérieur sont mises en branle et la redynamisation s´effectue sur le terrain au quotidien dans la capitale et dans les régions du pays. Quant aux structures en exil, les commissions d´organisation ne chôment pas, tout se conjugue pour le grand retour au pays natal ; dont chaque aspect doit- être pris en compte et correctement traité. Bref nous y travaillons sérieusement.

M.W : Quelle forme prendra cette poursuite du combat à l’intérieur ?
Nous n’écartons aucune option à priori, mais c´est une fois sur le terrain et après consultations avec nos partenaires naturels que nous verrons plus clair . Et le dernier mot reviendra au congrès des FLAM que nous espérons tenir en Mauritanie, qui déterminera le cadre politique capable de porter nos ambitions.

M.W : Quelle perception avez-vous des tentatives du règlement du passif humanitaire ? Et quelles réserves auriez-vous sur ces tentatives ?
Il faut reconnaitre que quelques actes positifs ont été posés par les autorités, il s’agit, entre autres, de la poursuite du programme de rapatriement des déportés entamé par le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, de l’amorce de solution au dossier des fonctionnaires -déportés ou arbitrairement radiés de la fonction publique.
Il faut peut-être rappeler que nous avons toujours dit que nous nous insurgeons contre la démarche singulière choisie par le pouvoir en place qui consiste à vouloir solder un problème de fond par des réparations pécuniaires et matérielles. Voilà pourquoi dès notre Mémorandum de mars 2000, nous écrivions que le règlement du passif humanitaire doit plutôt reposer ‘’sur l’équilibre à trouver entre le refus de l’impunité, les exigences de vérité et des réparations et la nécessité du pardon, au bout ». Soulager les ayants droit c´est une bonne chose mais on ne peut acheter notre silence par des compensations pécuniaires. Si certains sont prêts à le faire, il y en a beaucoup d´autres qui le refusent et qui se battront jusqu´au bout pour que la justice soit rendue et pour que plus jamais des mauritaniens ne soient réprimés, torturés ou tués parce qu´ils sont nés différents
Nous continuerons à faire pression pour que la lumière soit faite sur cette page sombre de notre histoire .
Il faut du reste rappeler que le dossier des déportés est loin d’être clos puisque que les déportés Mauritaniens au Mali sont toujours oubliés dans cette politique du rapatriement.
Le problème de fond, encore une fois, ce n´est pas le retour des déportés ou l´indemnisation des veuves, des ayant droits ou des rescapés, mais l’essence ou le fondement même de l´Etat mauritanien, à savoir cette politique chauvine et raciste qui est érigée en règle de gestion du pays. La question nationale est au début et à la fin de tous nos problèmes et il faut donc impérativement lui trouver une solution juste et durable, en osant rompre résolument avec la politique de l´autruche.

M .W : Entre les deux camps, majorité et Cod, où vous situez-vous aujourd’hui ?
Notre place ne peut-être que dans le camp qui s´oppose aux injustices raciales et sociales en Mauritanie. Nous serons avec tous ceux qui combattent l´impunité, l´esclavage, le racisme et toute velléité dictatoriale en Mauritanie. En un mot, si nous nous situons dans l’opposition, nous demeurons une opposition hors du Système!
C’est une précision qui a son importance !

M.W : Quelles solutions possibles croyez-vous pouvoir finir avec les dissidences raciales dans notre pays ?
Vous savez c´est l´existence de ces dissensions raciales- difficulté de cohabitation –exacerbées par des politiques qui est à la base de la création des FLAM.
La question nationale ou le problème de la cohabitation a été et restera toujours au centre de nos préoccupations. L´appel du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé que nous avions rédigé et diffusé en 1986 reste toujours actuel et comme nous le disions il faut un débat national ouvert et sincère sur cette question. Nous avons une solution, nous ne disons pas que notre proposition sera une panacée mais nous la livrons à l’examen critique, et notre seul souci vise à sortir notre pays de cette impasse qui a trop duré. En vrais patriotes nous devons nous surpasser pour outrepasser l´impasse. Nous avons des ambitions pour ce pays et un projet de Changement pour une  Mauritanie multi-ethnique, pluri- culturel et démocratique.
Notre plate-forme pour une Mauritanie réconciliée et notre Charte sont bâties sur les questions essentielles, telle que la Question nationale et la question sociale de l’esclavage, pour conduire à une vraie Démocratie aux fondements plus justes.
Nous ne le dirons jamais assez notre Démocratie ne saurait reposer, pour être viable, sur une question nationale non résolue; trainer, comme un boulet aux pieds, notre « passif humanitaire » pendant.
Nous proposons l´autonomie comme solution la mieux adaptée à cette question de la cohabitation. Et la lutte continue !

Propos recueillis par Jedna Deïda
URL courte: http://www.mauriweb.info/news/?p=884

torsdag 16 augusti 2012

Les années de braise en Mauritanie: Mémoire d´une situation

TEMOIGNAGE: MÉMOIRE D'UNE SITUATION
Nous avons recu ce témoignage pendant les années de braise et notre exil au Sénégal. Il m´a beaucoup marqué et je connaissais les victimes, originaires d´un village voisin, et je l´ai gardé dans mes archives après avoir alerté, bien sûr , des organisations internationales comme Amnesty International, Human Rights watch .... sur le régime de la terreur dans la vallée. Je partage avec vous ce témoignage sur le quotidien des Négro-mauritaniens, n´en déplaise aux négationnistes et autres nihilistes qui veulent ranger ces crimes dans les calendes de l´oubli mais l´histoire retiendra ces années de braise.

Le 25 avril correspond au 29 du mois de Ramadan.Il est 11heures, nous causons tranquillement devant l'unique boutique du village lorsque des nouvelles alarmantes nous parviennent:des gardes ont occupé le village de Mafondou (Gorgol)situé à 10 km de là. Ils ont battu des gens à mort.
Pourquoi? s'enquiérent certains. Parce qu'ils n'ont pas prié pour la fête aujourd'hui: nous avons écouté la radio jusqu'a 10heures et la commission a décrété que la fête serait pour demain.
L'inquiétude qui régne revient sur les visages. Quelques minutes plus tard,chacun regagne sa maison, attendant anxieusement et avec résignation son sort. Les heures passent longues et inquiétantes. Puis on recommence à éspérer que c'est une fausse alerte. Les gens reprennent leurs activités normales. A15heures, les voitures entrent dans le village. Beaucoup dorment en cette fin chaude de Ramadan. Certains sortent de leurs cases.On leur dit que le lieutenant demande une reunion hors du village avec tous les hommes. Je dormais. A mon réveil , il est 16heures. J'ignore complétement ce qui se passe. Je fais mes ablutions et prends le coran pour lire, quand un garde se présente. Qu'est ce que tu fais là, me dit-il alors que tous les hommes sont aux puits? Je dormais,repondis-je. Allez:sors et va rejoindre les hommes. Je m'éxécute. En sortant, nous rencontrons deux autres gardes dans la cour de la maison. Ceux-ci me rappellent pour que je leur donne les clés du bâtiment. C'est à vous, me demandent-ils en désignant la maison? Oui, dis-je.Vous êtes peut- être le chef, mais vous serez battus, sale négre!Quand je retourne pour leur donner les clés, le premier garde me dit: Ah bon,vous nous frapper .Je comprends que cela des provocations et je ne reponds pas.
Il me conduit jusqu'a l'assemblée et fait un signe que tout le monde a vu pour indiquer qu'on doit me frapper. Je trouve A.S.Ndaw en train de répondre au brigadier combien nous sommes des citoyens exemplaires. Je sais, dit le brigadier et tout ce que vous dites est vrai et se voit à l'oeil nu, mais j'ai recu l'ordre du lieutenant que voici là-bas de vous faire frapper. Il nous partage en trois groupes :les jeunes, les moins jeunes et les vieux. Comprenant qu'il s'exécutait malgré lui, je demande à rejoindre le groupe des vieux et j'invoque des raisons de santé. D'accord, dit le brigadier: que tous les malades et handicapés rejoignent ce groupe en colonnes. Pour les autres, allez-y, déshabillez-vous! Les coups commencent à pleuvoir sur les torses nus.

Pendant que les autres gardes nous intiment à coups d'injures l'ordre de ne pas baisser les yeux et de regarder la scène. Dès que le supplice commence, le lieutenant et son escorte s'en vont. L'un d'eux, en souriant, nous fait un signe d'adieu de la main.

La scéne de punition dure 40 minutes. Le brigadier donne l'ordre d'arrêter et demande à tout le monde de se rassembler. Il nous donne des conseils et s'étonne de la chance que nous avons eu. Si vous aviez vu les gens de Mafondou ce matin, vous sauriez que vous avez eu de la chance. Maintenant, attendez que les gardes qui sont partis pour la fouille reviennent et on vous laissera partir. Sur ces entrefaites, mon premier garde-toujours lui-se présente et me désigne du doigt. Il dit au brigadier: celui-là nous a frappé, nous voulons qu'il recoit une correction exemplaire. D'accord, dit le brigadier, prenez-le et faites le coucher là-bas. Cinq gardes, dont les trois qui étaient venus chez moi, s'emparent de moi, me déshabillent, me retourner les bras derrière le dos, sur les omoplates, à la manière d'un animal qu'on immole, et me font coucher sur le ventre. Les coups commencent, donnés par cinq gardes, chacun faisant à qui mieux mieux. Quand j'invoque le nom de Dieu pour implorer son secours, l'un d'eux me donne un coup de crosse pour me faire taire: sale négre, dit-il.
La scène dure une étérnité, jusqu'à ce que sur l'imploration de l'instituteur qui faisait la traduction, le brigadier intime l'ordre d'arrêter. Je me traine jusqu'à  l'assemblée et le brigadier se retourne de nouveau vers nous: vous pouvez aller vous plaindre n'importe où, vous savez bien que cela ne servira à rien.Vous savez que cette situation dure depuis un an et que les gardes ont tué des gens pour rien; ils s'en fichent. Me désignant, il dit: vous le savez plus que tout le monde parce que vous êtes même plus âgé que moi. Ce que je vous conseille dans cette situation, c'est de fermer les yeux, les oreilles et la bouche. Mais qu'est-ce que j'ai dit ou fait, demandez le leur, repondis-je. Je ne sais pas, dit-il peut- être que vous n'êtes pas gentil avec eux...


Il est 17h30. Les gens demandent à prier.Vous pouvez partir d'ailleurs , dit le brigadier.La foule se disperse. Les gardes rentrent dans les véhicules et s'en vont. De retour à la maison, après la prière, je pense à ma famille. Je pénétre dans les chambres: tout est sens dessus-dessous. Je me dirrige vers la valise qui contenait les boucles d'oreille de ma fille: elles ont disparu! Elles pesaient 20 gros d'or pur.
Sur ces entrefaites, ma femme rentre de voyage de soins à Lexeiba. Elle me raconte qu'ils ont été obligés de passer la journée à Mafondou, en raison des évènements. Elle nous décrit ce qu'elle a vu. Nous nous mettons tous à remercier Dieu, car nous comprenons effectivement, comme l'a dit le brigadier, que nous n'avons pas recu le quart de la punition de Mafondou, ni en humiliations, ni en sévices.


MÉDITATION: Dieu n'est-il pas le meilleur des juges? certes ,et lui seul sait combien de temps durera cette situation et combien de fois se répéteront ces actions. Car comme nous dit le brigadier: attachez vos ceintures, car tant qu'il n 'y aura pas de solutions, ce sera comme ca et la prochaine fois ce sera pour vous mettre au poteau.
Pour cela , nous faisons quand même appel à la justice des hommes afin que le massacre des Noirs s'arrête, que réparation soit faite et que les objets pris soient restitués
.

La lutte continue.

H. JEERIYEL SALL
INSPECTEUR DE L'ENSEIGNEMENT
-NOUAKCHOTT-MAURITANIE.

onsdag 15 augusti 2012

Á propos de l´unité en question


En Mauritanie, LES FLAM, ont été le premier mouvement politique structuré à monter au créneau pour dénoncer le racisme dont les Négro-mauritaniens sont victimes. Les FLAM relativement seules sur ce terrain, n´ont pas manqué d´apprécier à sa juste valeur la dénonciation par les jeunes étudiants mauritaniens appelés "Mouvement des démocrates indépendants" des excés du régime ainsi que l´appréciation de la question nationale comme problème à résoudre nécessairement. En d´autres circonstances, nous avions loué le courage de ces compatriotes qui, émergeant du troupeau ont eu l´audace de reconnaitre et les posant, les graves problèmes de cohabitation que connait notre pays et nous avions exprimé notre disponibilité à collaborer avec eux pour le triomphe de nos justes positions.

Cette preuve palpable de disponibilité à travailler avec ces compatriotes arabo-berbères ne nous a pourtant pas dispensé des critiques malveillantes des vieux chevaux du Système. Mais heureusement que chaque jour qui se léve apporte son lot d´éclairage au drame mauritanien, permettant ainsi le recentrage des débats autour des vrais problèmes que les mentors du régime et nationalistes panarabistes ont essayé de brouiller tant bien que mal. La vérité par delà les passions, les errements et aveuglements qui peuvent la brouiller momentanément, finit toujours par s´imposer en se frayant son chemin.

C´est dans ce contexte du recentrage du débat politique mauritanien autour des vrais problèmes mauritaniens que notre compatriote Hindou Mint Aïnina a écrit son article : "L´UNITÉ EN QUESTION". Au début de cet article, elle prend admirablement le soin de se prémunir d´un ensemble de protocoles méthodologiques de maniére à récuser toutes les mauvaises manières de parler de l´unité nationale, ce qui lui donne justement la possibilité d´en parler de la bonne manière. Ce faisant, elle se place sur un terrain qui se veut scientifique. Elle fait remarquer au passage que si on parle autant de l´unité nationale en Mauritanie c´est que nous sommes d´emblée face à un symptôme d´une maladie grave à savoir "l´inexistence de cette unité dont on parle ou au moins la nécessité de la parfaire". Elle redouble cette ingénieuse idée d´une démarche analytique pour mettre en évidence que "pour unir des choses", il faut nécessairement "qu´elles soient séparées".

Donc l´acceptation préalable du principe de leur différence est la condition sine quanon de leur union. Le refus de cette différence entraine l´impossibilité de toute union dans la logique et dans les faits. Cette union dont elle parle ne concerne pas des choses, mais des êtres humains et dans le contexte mauritanien, les Négro-africains et Arabo-berbères. Pour unir ces deux communautés, il faut dit-elle "que l´on sente qu´on n´est pas menacé, non seulement dans son appartenance, mais aussi dans sa survie. Et pour avoir cette assurance, il faut que l´on se sente accepté tel qu´on est, avec tout ce qu´on a de différents".

C´est bien cela que certains mauritaniens bornés ne peuvent comprendre et à leur tête l´ ex- chef d´Etat le colonel Ould Taya qui bien que s´étant toujours "réfusé à diviser son peuple en Arabes et Négro-africains" (interview avec Jeune Afrique), ne cessait de proclamer l´arabité exclusive de la Mauritanie et de nous tympaniser avec son verbiage sur l´unité nationale. Et Hindou Mint Aïnine fait remarquer à juste titre "qu´il ne suffit pas de crier à l´unité nationale pour qu´elle soit ".

Pour que l´unité nationale mauritanienne soit, il faut l´acceptation préalable du principe de la différence de fait des différentes communautés mauritaniennes. Tant que cette différence n´est pas reconnue, l´on fera peut-être de l´unitarisme, mais jamais l´unité du peuple mauritanien. Ce qui est reconnaissable par ailleurs dans son article, c´est la manière dont cette compatriote, visiblement au dessus de la mêlée et de l´esprit partisan qui est la régle, prend en charge le discours des FLAM en s´y inscrivant intégralement: "Mais soyons conséquents avec nous-mêmes et n´imposons pas notre langue (arabe) aux autres (Négro-africains) . Car ces gens que nous voulons assimiler font partie de ce pays et n´en disparaitront que s´il n´existe plus. Laissons les choisir eux-mêmes d´être avec nous. Précisons leur que pour rester ensemble dans ce pays et pour que ce pays continue à exister, il faut qu´ils nous acceptent (précisons que les FLAM ont toujours accepté leurs compatriotes Arabo-berbères) .

Cette acceptation réciproque souhaitée par l´auteur est tout le sens du combat. Sur la base de cette rencontre, nous ne pouvons que rendre un grand hommage à cette courageuse femme pour avoir osé parlé où le gros de l´intelligentsia hypocritement se voile les yeux et se tait.

La lutte continue!

www.flamnet.info

torsdag 9 augusti 2012

Réflexion du Jour: Notre particularité

Notre seule particularité en tant que mouvement est de partir de la violence dont nous sommes l'objet, en tant qu'individus culturellement situés, pour dénoncer l'ensemble des violences subies par tout le peuple mauritanien: on ne peut vouloir être libre en niant l'autre. On ne peut combattre le racisme par le racisme. L'histoire de notre pays démontre que la cause et la responsabilité de la violence verbale et physique sont du seul fait de l'État raciste mauritanien. C'est l'Etat raciste et ses institutions qu'il faudra détruire et nous l´avions toujours dit. Il est la cause de notre négation et de celle de tout mauritanien en tant qu'être libre. La lutte continue!

tisdag 7 augusti 2012

Mauritanie, Août 2008: un putsch contre la"démocratie".

onsdag 1 augusti 2012

Rétro: Mon interview avec le Rénovateur quotidien


Kaaw Touré est originaire de Djéol au Gorgol. Il est le Porte-parole des Forces de Libération des Africains de Mauritanie (FLAM), un mouvement né le 14 mars 1983 après la fusion de quatre mouvements : L'UDM (union démocratique mauritanienne) , le MPAM (mouvement populaire africain de Mauritanie), L'ODINAM (organisation pour la défense des intérêts des négro-africains de Mauritanie et le MEEN (mouvement élèves et étudiants noirs). Arrêté en 1986 et condamné suite à la publication du manifeste du Négro-mauritanien opprimé qui fait de lui le premier plus jeune prisonnier politique mauritanien. Poursuivi en 1987 après l´exécution des 3 officiers noirs pour avoir dirigé des soulèvements scolaires à Kaédi et s´exile au Sénégal. Kaaw Touré est aussi ancien Porte-parole des réfugiés mauritaniens au Sénégal d'où il fut expulsé en juillet 1999 suite à des pressions diplomatiques du Gouvernement mauritanien. La Suède l´ accueillera depuis comme réfugié politique, avec statut de résident permanent. Kaaw Touré est par ailleurs le rédacteur en chef du "FLAMBEAU", le journal des FLAM, et webmaster de "FLAMNET", le site officiel des FLAM. A l’occasion du cinquantenaire et dans le cadre d’une série de dossiers que le Rénovateur prépare, notre journal l’a interrogé :

Le Rénovateur : Monsieur Kaaw Touré, les forces de libération des africains de Mauritanie les ( Flam) dont les dirigeants sont à l'étranger ont -elles un bilan à présenter après des années passées dans la clandestinité ?

Kaaw Touré : Permettez-moi, avant tout, de corriger certains des termes de votre question, de dire en l'occurrence que la dénomination exacte de notre Organisation est bien " Les Forces de libération africaines de Mauritanie" et non les "Forces de libération des africains de Mauritanie", ensuite de préciser que nous ne sommes plus en clandestinité depuis notre 3ème congrès tenu en janvier 1990 à Dakar; il est vrai cependant que nous n'avons pas encore estimé opportun d'intégrer le processus démocratique national. Ceci dit, sans forfanterie je ne sais pas si les pages de votre journal suffiraient pour le bilan des FLAM, mais on peut résumer l'essentiel. Les Flam se portent bien et ont un bilan satisfaisant à présenter au peuple mauritanien. D´abord un record de longévité, plus de 28 ans d´existence, de résistance et de constance. Nous n ´avons pas été récupérés, ni aplatis, ni réduits au silence malgré toutes les épreuves subies, prisons, tortures, assassinats, bannissement, déportations et exil forcé de nos militants et sympathisants. C´est une prouesse inédite dans le paysage politique de notre pays. Il nous a fallu beaucoup de détermination et une foi inébranlable en la justesse de notre combat pour parvenir à résister pendant si longtemps aux défis de l´exil et aux assauts et manœuvres du pouvoir. Nous avons été les premiers à prendre en charge la question nationale et cela nous a valu la diabolisation et d´être victimes de la terreur intellectuelle et militaro-policière des tenants du Système et de leurs valets. On nous a accusés d'être des "nationalistes étroits", des "ennemis" de la Mauritanie, ou "d´être à la solde de puissances étrangères" parce que nous dénoncions le racisme d´ État érigé en Système de gestion du pays. Nous avons théorisé la question nationale et sociale à travers le Manifeste du Négro-mauritanien opprimé et mobilisé l´opinion nationale et internationale autour de la Question. Nous avons rompu le mur du silence qui entourait cette politique d´apartheid, de discrimination raciale menée contre les Négro-mauritaniens et l´esclavage. Par l´action médiatique et diplomatique, nous avons réussi à faire échec aux régimes dans leurs tentatives d´étouffer le problème noir. A l'intérieur, nous avons contribué à l'éveil des consciences des communautés opprimées, les Negro-africains et les Harratines, et suscité ainsi le débat sur la question centrale, hier taboue.
Grâce à notre campagne internationale, nous avons sauvé la vie de certains de nos camarades détenus dans la prison mouroir d’Oualata. Pendant les déportations, nous avons accueilli, soutenu et encadré les déportés, cherché des projets, des financements, parrainé des élèves et étudiants, des GIE, des cases de santé, des écoles dans les camps sans tambours ni trompettes. Grâce à cet encadrement, les réfugiés ont résisté aux chants de sirènes, déjoué des complots et maintenu la tension du retour jusqu´à la reconnaissance effective par les autorités nationales de leur « mauritanité » et le droit au retour. Grâce à notre action et au prix de la vie de plusieurs de nos membres, nous avons rendu aujourd´hui la contestation du pouvoir possible. Cela est en soi une victoire. Ainsi, l´on assiste toutes ces dernières années à l´émergence de mouvements et de formes de contestation dont la plupart se reconnaissent dans notre action et discours, s´ils ne se référent pas directement à nous.).

Le Rénovateur : A la veille du cinquantenaire de l'indépendance, quelle appréciation fait cette organisation de l'évolution politique de la Mauritanie par rapport à la cause que vous défendez et les revendications que vous posez ?

K.T. : Nous allons revenir prochainement sur cette question dans un document spécial prévu à l´occasion de notre demi-siècle d´indépendance sur cette question; Concernant la question principale qui nous tient à cœur, à savoir le problème de la cohabitation, je dis que je ne perçois pas d´évolution notable sur le partage du pouvoir et le problème de l´identité du pays et la question de l´esclavage.

Le Rénovateur : Quelle place occupe encore ce mouvement dans le contexte actuel de démocratisation du pays ?
K.T. : Nous avons revendiqué la démocratie en Mauritanie avant tout le monde en exigeant, depuis des décennies, une égalité de droits et de devoirs pour tous les citoyens. Notre combat consiste non seulement à dénoncer des oppressions culturelles, économiques et politiques réelles, mais aussi à proposer des solutions alternatives qui renforcent la culture démocratique en réconciliant la Mauritanie avec sa vraie identité. Ce combat est actuel. Nous ne nous satisfaisons pas d´une démocratie qui se résume au rituel des élections, auxquelles d´ailleurs la majorité noire est exclue de fait. Nous assistons à une démocratie de façade parce que biaisée, dans ses fondements injustes. Comment parler de démocratie là où il y a déni de citoyenneté pour les Négro-africains et déni d´humanité pour les Haratines/esclaves?
Voilà pourquoi nous ne nous satisfaisons pas d´une démocratie qui se résume au rituel des élections, et pour laquelle du reste la majorité noire est laissée pour compte.

Le Rénovateur : D'ailleurs estimez-vous que quelque chose a changé que vous pouviez considérer que c'est un acquis à préserver ?

K.T. : Pour nous, l´acquis principal est la prise de conscience d´opprimé au niveau de nos populations. Une aspiration nationale plus forte pour le jeu démocratique, fut-elle quelque peu biaisée; La forte mobilisation de l´opinion publique nationale progressiste contre le coup de force d´Août 2008 en est une illustration. On peut espérer que l´ère des dictatures est révolue!

Le Rénovateur : Après l'élection de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, les mouvements en exil avaient été invités à regagner le pays; certaines figures du mouvement sont revenus et ont même participé aux journées de concertation nationales cela engage -t-il les autres comme vous ?

K.T. : Si vous parlez de nos ex-camarades dissidents des FLAM, vous connaissez les conditions dans lesquelles ils sont rentrés au pays, donc leur présence ne peut évidemment engager le mouvement. Si par contre vous faites référence aux journées de concertation sur les réfugiés et le passif humanitaire engagées sous le magistère du président Sidi Ould Cheikh Abdallah, les camarades qui ont assisté à ces journées étaient les délégués des déportés et ils sont allés porter la parole de la coordination des associations des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali. N´oubliez pas qu´avant ces journées de concertation un travail de contact avait été fait à travers la rencontre de New-York entre le président des Flam et le président Sidi mais surtout la visite dans les camps d´une délégation ministérielle conduite à l´époque par le Secrétaire général de la présidence et le ministre de l´intérieur. Nous avions donné pendant ces rencontres nos avis et posé nos conditions avant tout retour officiel au pays.

Le Rénovateur : En d'autres termes êtes-vous prêts à abandonner la lutte si un dialogue avec l'actuel pouvoir devenait concluant?

K.T. : Abandonner la lutte ? On n'abandonne pas une lutte car c´est un devoir; on n'abandonne pas un devoir! Vous voulez peut-être dire quitter l´exil? Cela peut et doit-être envisagé! Maintenant si le dialogue devenait concluant comme vous dites par rapport au problème de la cohabitation et du partage du pouvoir, ce serait une bonne chose mais nous ne tournerions qu´une page comme en Afrique du Sud. Nous aborderions alors une autre phase de lutte, à savoir celle du développement, de la bonne gouvernance et surtout celle pour l´ancrage de la démocratie dans notre pays.

Le Rénovateur : Aujourd'hui, il y a une sorte d'émiettement des forces contestatrices en exil, les Flam sont-elles encore à la pointe du combat suite aux dissensions intervenues dans leurs rangs pour des raisons multiples ?

K.T. : On ne le dira jamais assez, la vie d'une Organisation, qui se veut de surcroît mouvement de libération, est souvent heurtée. Elle ressemble quelque peu à la marche d'un train, comme dirait l'autre; à chaque gare il y a des passagers qui montent et d'autres qui descendent. La dissension dont vous parlez n´est qu´un vieux souvenir pour nous. Vous savez que les raisons des départs, quelque fois douloureux, varient, ici et là. La lassitude d'un voyage qui dure, qui dure et qu'on avait espéré plus court, a souvent raison de la résistance du combattant de la liberté. Cela dit nous ne pouvons que déplorer cet émiettement. Nous travaillons à fédérer ces forces.

Le Rénovateur : On accuse certains leaders de cette organisation d'instrumentaliser la cause noire. Que répondriez- vous ?

K.T. : Quels leaders, et de quelle organisation? Soyez précis!

Le Rénovateur : Le Rénovateur : Le retour des refugiés, le passif humanitaire, la cohabitation intercommunautaire, les langues nationales quel regard portez-vous sur toute cette thématique ? L'actuel pouvoir vous inspire-t-il confiance et seriez-vous disposés à le rencontrer étant entendu qu'il y a une autre aile des Flam qui la fait ?

KT: Je crois avoir déjà répondu à une bonne partie de cette question mais je rappelle simplement que ces thématiques ont été et restent d’abord les nôtres, qu'elles soient reprises par les médias, comme vous le faites ici, ou par des formations politiques, nous ne pouvons que nous en féliciter; cela est aussi un de nos acquis. Encore une fois, l’action de nos anciens camarades n’engageaient qu’eux ! Il n'existe plus, à notre connaissance, une "autre aile". Les Flam sont entières et uniques. Les ex-camarades dont vous parlez n´existent plus en tant que Flam, certains ont rejoint le parti au pouvoir et sa mouvance, d´autres l´AJD/MR ou ont complètement baissé les bras et abandonné la lutte. Il n´existe que Les FLAM authentiques qui sont dirigées par le Président Samba Thiam Cela dit, nous restons toujours ouverts aux rencontres avec ceux qui nous gouvernent, dans un souci de dialogue autour des questions d’intérêt national. Le dialogue a toujours été notre crédo, et cela depuis l´appel du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé de 1986 qui exprime nos positions de principes.

Le Rénovateur : La lutte continue, c'est votre crédo jusqu'à quand ?

K.T. : La lutte continue, c´est plus qu´un slogan, c’est une profession de foi, un appel au courage et à la persévérance. Un hymne à la résistance et un chant de rédemption jusqu´à l´éradication et l´extinction de toute forme d´injustice et de discrimination en Mauritanie. La lutte continue est aussi et surtout un cri de ralliement de tous les combattants de la liberté.

Propos recueillis par Cheikh Tidiane Dia

Interview de Sow Ibrahima Mifo Vice-président et chargé à l´organisation et à l´orientation politique des FLAM

« La place des Flam est naturellement du côté de ceux et celles qui posent la question nationale et sociale comme une priorité absolue à résoudre ».

 
Les forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM) après des décennies d’exil, ont décidé de regagner leur pays pour continuer le combat. Comment se fera ce retour, comment les FLAM vont se positionner sur la scène politique, quelles sont les implications humaines de ce retour….Nous avons interrogé, Sow Ibrahima Mifo, Vice-président et chargé à l´organisation et à l´orientation politique des FLAM.

QDN: Quand sera effectif le retour annoncé des FLAM en Mauritanie?

Les Flam ont déjà commencé à reprendre effectivement pied sur le sol national avec le retour de notre section sénégalaise conduite par notre camarade Mamadou Wane. Avant cela, nos émissaires s’étaient rendus en Mauritanie pour y engager des missions de terrain, de contacts. Notre retour est désormais un processus irréversible mais nous tenons à le mener en bon ordre, en étapes contrôlées.

L’enjeu de cet événement est si important que nous devons en maîtriser tous les facteurs concourants. Et ils sont aussi divers que complexes, allant des préjugés et des appréhensions à apaiser, des exigences politiques et administratives à ménager jusqu’aux carrières et des vies de familles à réorganiser.

Mais je peux vous assurer que nous sommes à l’œuvre, et qu’il ne s’agit plus qu’une question de mois jusqu’au parachèvement de notre redéploiement dont le couronnement sera le retour de notre Président en compagnie d’un nombre important de nos militants.

QDN: Entre l’opposition degagiste, qui demande le départ d’Ould Abdel Aziz du pouvoir, l’opposition dialoguiste, qui a pris langue avec le pouvoir, la majorité présidentielle …Une fois en Mauritanie, où se situeront les Flam dans la scène politique?

IBRA: La place des Flam est naturellement du côté de ceux et celles qui posent la question nationale et sociale comme une priorité absolue à résoudre. Nous nous allierons avec les Mauritaniens, de quelque bord qu’ils soient, qui se préoccupent de débarrasser notre pays du plus grand danger qui menace son existence et compromet son avenir, à savoir les discriminations raciales et sociales érigées en règles immuables de gestion de la Mauritanie. Nous avons bon espoir que notre retour impulsera l’émergence d’un vaste pôle patriotique dont l’ambition première sera de guérir la Mauritanie de sa périlleuse fuite en avant en la réconciliant avec sa diversité.

QDN: La première option pour les Flam, c’est la création d’un parti politique. Y a-t-il une seconde option comme la fusion avec un parti politique.

IBRA: La seule option absolument intangible pour les Flam est le devoir de poursuivre en Mauritanie le combat qu’elles ont initié, il y a bientôt 30 ans, et pour lequel nous restons plus mobilisés que jamais. Il s’agit de déconstruire le système raciste et esclavagiste qui aliène et assujettit la vaste majorité de nos populations pour offrir, en lieu et place, un nouveau contrat d’unité nationale fondé sur les principes de liberté, de justice et d’égale dignité de nos identités. C’est un sacerdoce pour nous, une mission vitale pour la Mauritanie, et pour la mener à son terme, les Flam ne lésineront sur aucune opportunité.

QDN: Après des décennies d’exil, une intégration dans les pays d’accueil, le retour au pays pour y mener le combat politique, humainement, ça pose des difficultés…

Et comment pouvait-il en être autrement quand on sait que pour beaucoup cela dure plus d’un quart de siècle! Pendant ce temps, il a fallu vivre, s’adapter à de nouvelles réalités. Mais rassurez-vous, il n’y aura pas de drame car les Flamistes, en hommes et femmes de foi et de convictions, ont toujours su mettre l’appel du devoir militant au dessus des situations de convenances personnelles. Pour nos militants, les moyens de l’exil ne peuvent servir qu’à assurer le succès du retour.

Propos recueillis par Khalilou Diagana- Le Quotidien de Nouakchott du 26 juillet 2012.

AINSI ÉCRIVAIT NOTRE REGRETTÉ DOYEN JEAN PIERRE NDIAYE SUR LA MAURITANIE PENDANT LES ANNÉES DE BRAISE

Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Facebook Faceb...